Coup de matraque sur les doigts. Tiens, comme quand j’étais gosse, chacun a la Madeleine de Proust qu’il mérite. Christian Brissart
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Marine Hamsasya

Uzerche
 
Par-delà les vallons, surplombant la Vézère, des pierres insensibles au temps s’organisent en des constructions d’un autre âge, révolu mais demeurant ; village atemporel et immobile dont le silence et l’absence de mouvement permettent au regard de le transformer en un instantané photographique. Au détour d’une ruelle, les pavés couvrant le sol font soudain ressurgir le claquement des sabots des chevaux qui, dans des temps anciens, arpentaient infatigablement les voies, jamais las de leur avancée. Du haut de son promontoire, la ville se dresse, hautaine et secrète, dévoilant sous le murmure de la pluie des tourelles d’angles arrondies ornant les demeures telles de précieuses parures dont elles ne sauraient se dévêtir sans rompre le charme d’un sentiment d’immortalité. Mais cette apparente immuabilité se rompt quand peu à peu, le brouillard de la rivière s’élève et reproduit les méandres de l’eau dans les airs, créant ainsi une composition mystérieuse et funeste. Et, lorsque cette brume impalpable et pourtant si prégnante atteint la ville, les demeures s’effilochent sous sa pesante épaisseur en même temps que les pierres sont englouties par la bruine nébuleuse. Alors, les tourelles en poivrière, enfin libérées de leur support, entament lentement leur danse tournoyante sur une mélodie composée des cris d’effroi des Uzerchois.

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