Ève avait un nom à coucher dedans. Christian Brissart
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L’inconscience d’un président trop zélé

Monday 23 February 2009, by Blackout

La nuit du 4 Juillet 2006, à très exactement 05 H 52, ou 53, enfin, aux alentours de 05 H 52 minutes et 30 secondes, notre cher et tendre Président – ho ! si tendre Président – enfila son ciré poussin-pêcheur ma foi très saillant et sortit, comme à l’accoutumée, dans son jardinet coquet – mais par trop exigu et mal entretenu –, pour aller y traîner dans le froid et sous une pluie battante son pauvre petit Chi-tzu (phonétiquement [fji dsy]), d’apparence très stupide mais plutôt sympathique.
 
Tel chien, tel maître.
 
Cette sortie, devenue habitude obligatoire des deux bouts de la laisse, était rituellement dirigée par le tendre maître pour que la carpette ambulante soulage ses besoins naturels et surtout, pour épargner ses tympans hypersensibles d’administrateur (et ceux du pauvre petit chien ne l’oublions pas) des râles matinaux de sa douce moitié.
 
Notre tendre Président pataugeait donc dans sa broussaille boueuse, pensif ou céphalo-sodomite, il piétinait sur place en attendant que son pauvre petit compagnon daigne quitter le perron et aller faire ce qu’il avait à faire.
 
« Dépêche ! » Gueula gentiment notre tendre Président à son pauvre petit chien qui n’aimait pas la pluie.
 
L’envie vainquit sûrement.
 
Le couple fit la traversée embourbée du carré d’herbe folle et parvint au portique d’entrée, puis au trottoir, au caniveau, et à la bouche d’égout béante. La bouche d’égout béante atteinte, le pauvre petit chien n’était plus q’un pauvre petit amas de boue à la queue frétillante.
 
Il fit.
 
Un violent éclair vint âprement frapper le fier peuplier ornemental qui surplombait le couple ; il craquela, céda brusquement et vint dans une douce mélodie attendrir la chair et évider les tripes de notre Président, dorénavant mou.
 
Le pauvre petit amas de boue, la queue toujours frétillante de vie et la tâche enfin effectuée, alla récupérer sa laisse au poignet sanguinolent de son maître, mou. Il l’attrapa de ses mignonnes quenottes et retourna vite au chaud se blottir au coin de son radiateur préféré, dans son panier confortablement molletonné.
 
Gonzo

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