Pour moi le second degré, c’est dire le contraire de ce qu’on pense pour confondre ceux qui penseraient ce qu’on dit. Christian Brissart
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La Marque, t’as pensé ?

Monday 23 February 2009, by Blackout

Volte-face virevoltant et revirement d’une heureuse variable se voulant véritable. Nébuleuse trace volant sinueuse au gré du courant espace temps. Rien de plus en somme qu’un séraphin informe suspendue par le bout des ailes, pantin angélique d’une candeur sans égale qui à force d’évidences a décidé de ne plus se voiler la face… Comme une oscillation dérisoire de ce monde illusoire - courte sur patte - comme pour mettre à l’équerre l’impuissance manifeste du tréfonds des bas-fonds d’une existence précaire, là-bas sous nos pieds - là-bas en enfer - ceux-là passent leur temps à seriner ou buriner, pressurer les pauvres âmes écervelées, pour plaire ou déplaire, susciter des faux airs d’émerveillement, des faux-semblants de sentiments. Soutirer une amère gouttelette d’émotion.
 
Purulente puanteur d’une impureté, d’une pourrissante pute appuyée par le pèze et la fierté.
 
Je ne sais plus vraiment quoi penser. A vrai dire, je n’ai jamais vraiment su quoi penser. Pourtant, de tout temps, tous ceux-là m’ont vraiment appris quoi, où, qui, quand, comment, pourquoi, ceux-là ont systématiquement structuré ma pensée, une seule et unique pensée commune, sans commune mesure avec la dure quête de culture, la soif insatiable de connaissances, la divine curiosité. Une pensée modelée, façonnée, sculptée par des coups répétés comme un acquis se voulant inné et un tantinet martelé dès les cours de récré, où déjà ceux-là créent des conditionnements dans des boites de carton calibrées, formatées, et imprimées des quelques stéréotypes du mot clé, celui dont les idéaux font rêver les petites gens aux vestes dégriffées…
 
Blister anobli qui jamais ne faiblit, oblitère et accable les esprits avilis.
 
Fer rouge, pierre blanche, que ce soit le point ou le pas, elles seront toujours là, ceux-là s’en servent tout autour de moi, ceux-là les servent tous les jours, trois fois dans mes plats, ceux-là se servent autant d’elles que de moi, elles sont là, là, là, toujours là, ceux-là m’astreignent à les serrer dans mes bras. Doucereux emballages, d’un suave sirupeux sans ambages, façades aguicheuses d’une continuelle série d’images, pour dorer les gros barreaux de ma si petite, petite cage. Subliminales, elles s’insinuent partout, à mes pieds, sur mes épaules, autour de mon cou, sur ma tête, dans mon assiette, mon café, ma bière, ma vie, mon cancer, ma mort, mon cercueil, mon trou dans la terre.
 
Ci-après Cicéron à ceci près que ceux-là sans souci raccourciront à la scie son ataraxie.
 
A chaque seconde ceux-là n’ont de cesse de me rebattre les oreilles de leurs slogans palimpsestes débilitants, abrutissants, pour générer le geste, pour qu’en passant je m’arrête, je l’achète, à l’instar d’un con compulsif qui consent à contracter un achat palliatif, content de son crédit en recomptant les débits dès qu’il retourne chez lui. Avec en main, en main, une niaiserie, une mièvrerie, une inutile infamie, une sous-merde de bouchon superflu qui malgré-lui vient parfaire, contenter, satisfaire et combler une sorte de manque dans sa vie, qui vient rapiécer un besoin de toutes pièces inventé, qui vient cocher une case vide de ce néant calculé, qui vient apaiser, tranquilliser, rassurer, ravir ! provoquer le soulagement, via l’assujettissement…
 
Taire le terre à terre pour enterrer l’atterré, et mettre un genou à terre pour ceux-là. Et cela, de manière involontaire.

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