L’art contemporain se définit facilement, c’est celui que le non initié ne peut pas comprendre. Christian Brissart
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Un crime qui aurait pu être parfait

Un crime qui aurait pu être parfait / Chapitre III

Monday 13 December 2010, by Blackout

Cinquième étage :
 
Un petit appartement coquet où habitent les KRACOT, un couple gentil apparemment, sans histoire sauf que…
« Voyons Madame, demande le commandant de gendarmerie à la concierge, ne me faites pas croire que vous ne savez pas ce qu’il se passe dans votre immeuble ? J’ai entendu dire que les KRACOT se droguaient…
- Je ne vous demande pas QUI a pu vous raconter des histoires pareilles ! C’est sans doute Thierry VASSEUR ! Cet homme-là boit comme une bouche d’évier avec tous ses copains… ce sont des histoires à dormir debout...
- L’ennui Madame est que je ne dors pas et que ce n’est pas Thierry Vasseur qui m’a dit ça. Je fais une enquête criminelle et je vous embarque si vous ne répondez pas à mes questions...
- Oui ! oui ! peut-être fument-ils de temps en temps, je n’en sais rien… ce que je sais seulement c’est que ce sont des gens bien : loyer payé rubis sur l’ongle - aucun problème - gens propres – discrets... Quelques couples d’amis parfois mais rarement… vraiment un petit couple rangé !
- Que fait Madame Kracot ?
- Elle travaille à la biscuiterie comme secrétaire !
- Et lui ?
- Il est ingénieur métallurgiste… Vous voyez, des gens « comme il faut ».
- Donc aucun problème d’argent ?
- Pas que je sache… »
 
Tu vois « Ordi » murmure tendrement Laurence, s’ils ne manquent pas de fric, ils ne PEUVENT avoir des relations avec un huissier ! Bon ! je sais, j’invente une possible conversation entre le Commandant et les Kracot mais j’ai une enquête criminelle à résoudre moi !
Réfléchissons : et si ce soir, j’allais à la biscuiterie ?
 
18 heures : Laurence pousse la porte de la Biscuiterie… Elle flâne entre les petits-beurres « LO », les madeleines de Commercy… fait semblant de s’intéresser aux muffins tout frais lorsqu’elle voit, entrant dans le bureau de Madame Kracot, un beau jeune-homme, très élégant. Mais elle le reconnait celui-là ! Elle l’a déjà vu dans l’immeuble. Laurence est de congés tous les mardis après-midi et TOUS ces mardis-là, elle entend monter l’escalier, frapper trois coups, une porte s’ouvre et… plus rien ! Elle croyait, naïvement, que ce visiteur, croisé à plusieurs reprises dans l’escalier, se rendait chez le locataire du 4ème : Thierry Vasseur !
Ah ! ça alors !
Elle se cache derrière une étagère pleine de pâtisseries… espionne, « mentalist » jusqu’au bout !
Le jeune homme se penche sur Madame Kracot, pose un baiser dans son cou… lui murmure sans doute de douces choses à l’oreille, sourit, lui remet un paquet qu’elle cache prestement en son sac à mains… De son côté la petite Kracot rend le sourire, le baiser et hoche la tête en signe d’acquiescement.
 
« Il lui fait même des cadeaux… » Pense Laurence.
Elle en est malade de jalousie. Elle voulait Ernest, elle, et Ernest ne la VOIT même pas !
Elle quitte la Biscuiterie… avec un terrible secret ! pauvre Monsieur Kracot !
 
20 heures : Laurence descend l’escalier, s’arrête devant la porte du 5ème, écoute mais rien !
Comment savoir ?
 
Mardi après midi - 14 heures - Laurence flâne dans l’escalier, elle sait que le jeune homme va arriver.
14 h 05 elle entend un pas discret - descend vite jusqu’au 4ème, bouscule le jeune homme, s’excuse en le dévisageant. Il monte au 5ème, elle fait semblant de descendre au 3ème.
Elle écoute, entend 3 petits coups, la porte s’ouvre… ça y est : il est entré.
Elle remonte tout doucement… ELLE SAIT !
Tant pis, elle tente le tout pour le tout, elle sonne à la porte du 4ème : Thierry Vasseur ouvre, complètement imbibé d’alcool à son habitude...
- Tiens mais j’vous connais vous !
- J’suis la voisine des toits.
- Ah ! entrez ! qu’est-ce que vous voulez ?
- Bien voilà ! vous savez, naturellement, que c’est MOI qui ai trouvé le corps de ce pauvre RAFLETOU. Or, j’aide la CRIM - la criminelle si vous préférez -, à résoudre cette enquête qui piétine, il faut dire que j’ai une intuition énorme - je suis plus ou moins mentalist… Le Commissaire me fait confiance, je le seconde... or, demain, je passe au 13 heures télévisé avec Pernot.
- Ah !
- Oui ! insiste Laurence en prenant un air important et très autoritaire. Je suis la pièce maitresse de ce crime, tout repose sur moi, c’est hallucinant ! »
 
Laurence est reparti dans ses rêves… elle ment, invente, se voit à la Télé reçue par le bon sourire de J.P. Pernot…
« Ainsi ma chère Laurence, c’est VOUS qui avez découvert le corps ?
- Mais oui Jean-Pierre - j’ai même recueilli son dernier soupir...
- Vous n’avez pas eu peur, ce doit être terrifiant une telle découverte à 5 h du matin...
- Oh ! vous savez Jean-Pierre… »
Elle ajoute un gestuel convainquant et poursuit :
« Vous comprenez bien Monsieur Vasseur, que Jean-Pierre va me poser des tas de questions…
- Jean-Pierre qui ?
- Mais Pernot bien sûr, notamment sur les habitants de l’immeuble… en fait, je connais tout le monde, je vais donc pouvoir parler… Je connais des choses terribles et des secrets très secrets…
- Vous ne savez rien sur moi, je vis avec mes potes et ce n’est pas interdit par la loi de boire…
- Bien sûr que non mais c’est interdit de frapper une femme et je vous ai vu…
- Elle avait bu cette idiote… c’est vrai qu’avec les copains, on l’avait un peu « bousculée » mais elle voulait appeler les flics, alors j’lai virée de chez moi. De toute façon, cette femme est caboulée !
- Vous l’avez quand même raccompagnée à grands coups de pieds dans le ventre...
- Mais alors, c’est VOUS qui avez appelé SAMU et gendarmes ?
- Oui et je peux le dire demain à la Télé à moins que… »
 
Mais bon sang, comprends-moi Ordi, j’étais obligée de mentir ! je sais que je ne passe pas à Pernot. Sans ce mensonge, je n’aurais pas su… Tu sais ce qu’il m’a dit ?
Il m’a dit que Monsieur Kracot savait que Madame Kracot avait une liaison - le jour de l’assassinat du pauvre Rafletou, Monsieur Kracot avait prétexté un déplacement en Lorraine, et Rafletou, à 6 heures du matin devait venir faire un constat d’adultère ! et tu sais comment Thierry Vasseur était au courant ? cette andouille d’huissier s’était trompé de boîte à lettres, il avait mis un mot « privé » dans la boîte à Thierry et celui-ci voyant sur l’enveloppe « Monsieur Kracot » a mis la lettre sous la porte des Kracot… Monsieur absent, c’est Madame qu’a eu le mot « privé »… Ah ! ah ! pour du privé c’en était !
Ordi ! ça c’est une piste sérieuse ! Le jeune homme a tué Rafletou pour protéger sa petite amie… Ou Madame Kracot l’a tué pour ne pas qu’il y ait de constat d’adultère… Ou Monsieur Kracot, plein d’un remords de dernière minute, s’est caché à la cave où Rafletou attendait l’heure et l’a tué.
 
Voilà trois pistes sérieuses !
Qu’en pensez-vous mon Cher Watson ?
 
Nous verrons demain……..
 
elaine

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